DES TRANSFERTS NÉGATIFS À LA RÉACTION THÉRAPEUTIQUE
NÉGATIVE
Thierry Bokanowski
" On appelle "transfert" la caractéristique
frappante des névrosés à développer vis-à-vis
de leur médecin des rapports affectifs tendres ou hostiles, qui
ne sont pas fondés dans la situation réelle, mais proviennent
de la relation des patients à leurs parents (complexe d'dipe).
Le transfert prouve que même l'adulte n'a pas surmonté
son ancienne dépendance infantile ; elle coïncide avec le
pouvoir que l'on a appelé "suggestion" ; seul son maniement,
que le médecin doit apprendre, le rend capable d'amener le malade
à surmonter ses résistances intérieures et à
supprimer ses refoulements. "
S.Freud (1926), Psycho-Analysis, in Résultats, idées,
problèmes, II, P.U.F., 1985, p.153-160.
Le transfert est l'un des quatre points cardinaux qui organisent
les vecteurs du champ analytique. Conjointement au contre-transfert
qui en est son répondant et son contrepoint (M.Neyraut, 1974) (1)
, à l'interprétation qui lui donne sens et au cadre
qui est le dépositaire de la " partie non-moi du patient "
(J.Bleger, 1967) (2) , c'est l'installation du transfert qui favorise
le développement du processus analytique. Son interprétation
élaborative dans le déroulement temporel de la cure fournit
au patient l'occasion de dénouer et d'élaborer les conflits
psychiques qui se répètent dans la relation avec l'analyste.
Considéré par certains comme " l'organisateur inconscient
de la situation analytique " (F.Gantheret, 1996) (3), le transfert
se présente comme un mouvement, ou un déplacement, de l'investissement
d'une imago sur, ou vers, l'analyste. Il exprime la tendance compulsive
de l'être humain à répéter les expériences
de son " passé infantile-sexuel-traumatique ", selon
l'expression de J.Cournut (2000) (4). Il met en mouvement des représentations
et des affects issus de l'organisation fantasmatique inconsciente de l'histoire
infantile, comme de l'Infantile du patient (F.Guignard, 1996) (5),
c'est-à-dire l'histoire de ses relations avec ses objets du passé
- tant internes, qu'externes -, lesquels ont été autrefois,
et de manière signifiante, investis d'amour, comme de haine.
Le transfert est donc un terme générique, qui désigne,
condense et rassemble les différentes variations d'un processus
propre à, et constitutif de, la cure psychanalytique du fait que
celui-ci permet de voir à l'uvre les désirs inconscients
du patient, lesquels, dans le cadre de la relation analytique, se répètent
sur la personne de l'analyste. De ce fait, on peut voir apparaître
dans une même séance, ou dans une série de séances,
différents types de transferts, dont les expressions et les tonalités
sont d'autant plus variables, qu'elles sont fonction des mouvements internes
(intrapsychiques et interpsychiques) alors mobilisés.
C'est grâce à l'analyse du transfert et à son interprétation
que l'occasion est donnée au patient de pouvoir se représenter,
élaborer et dénouer les conflits psychiques qui se répètent
dans la relation avec l'analyste, ceci afin d'acquérir de nouveaux
moyens de connaissance des motions pulsionnelles et libidinales qui animent
son fonctionnement psychique depuis son enfance, lui donnant alors l'opportunité
de modifier, à la longue, ses relations tant avec lui-même,
qu'avec les autres.
Bref rappel des positions freudiennes
Comme le rappellent J.Laplanche et J.-B.Pontalis, dans leur Vocabulaire
de la psychanalyse (1967) (6), S.Freud emploie dans les premiers temps
le terme de transfert pour rendre compte de ce qui se passe lorsqu'un
patient déplace, sur la personne du médecin,
des représentations inconscientes : à cette époque,
S.Freud considère le transfert comme un phénomène
localisé, qui fait partie en quelque sorte de l'expression des
symptômes des patients, de même que l'emploi du concept
se fait le plus souvent au pluriel.
Ceci est bien illustré par une citation extraite de l'analyse
du cas " Dora ", publiée en 1905 (7): " Que sont
les transferts ? Ce sont des réimpressions, des copies des motions
et des fantasmes qui doivent être éveillés et rendus
conscients à mesure des progrès de l'analyse ; ce qui est
caractéristique de leur espèce, c'est la substitution de
la personne du médecin à une personne antérieurement
connue. "
Même si à la lecture du compte-rendu de l'analyse de sa
jeune patiente, le transfert apparaît bien à S.Freud comme
étant un élément majeur de l'action processuelle
de la cure, il ne considère pas encore que celui-ci fait partie
de l'essence de la relation thérapeutique (8).
En fait, très tôt, dès les Études sur l'hystérie
(1895) (9), S.Freud voit dans le transfert le signal de la proximité
du conflit inconscient, qui entraîne une forme de résistance.
Il remarque, dès alors, que les transferts qui surviennent
dans le champ de la cure sont en relation avec l'approche de représentations
jusque-là refoulées, parce que " pénibles "
et " inconciliables "(10) . Ainsi a-t-il été,
très tôt, sensible, à la dimension d'obstacle du
transfert, force qui s'oppose à la remémoration du matériel
refoulé.
Mais ce n'est qu'à partir de la Traumdeutung (1900) (11)
que le terme même de transfert trouvera son sens véritablement
psychanalytique, puisqu'il vient désigner les déplacements
du désir de l'inconscient au préconscient.
Ce déplacement est dû à un transfert de l'investissement
de la représentation inconsciente à une représentation
anodine, qui pourra franchir la censure : " La psychologie des
névroses nous apprend que la représentation inconsciente
ne peut, en tant que telle, pénétrer dans le préconscient
et qu'elle ne peut y exercer un effet que si elle s'allie à quelque
représentation anodine qui y appartenait déjà, à
laquelle elle transfère son intensité et qui lui sert de
couverture. C'est là le phénomène du transfert.
"
De fait, il faut attendre ses " écrits techniques ",
et plus particulièrement La dynamique du transfert (1912)
(12), pour que S.Freud rende pleinement compte des incidences de la
fonction du transfert dans la cure, à savoir que le transfert
est à la fois :
non seulement l'obstacle majeur à la remémoration
du matériel refoulé du fait qu'il est une forme de résistance
liée à la proximité, comme à l'actualisation,
du conflit inconscient projeté sur l'analyste ;
mais encore, et surtout, l'instrument même (l'outil)
qui permet de saisir à chaud, in statu nascendi, les éléments
du conflit infantile et les différentes problématiques propres
au patient liées à la force de ses désirs et à
ses fantasmes inconscients : " Il est indéniable, écrit-il,
que la tâche de dompter les phénomènes de transfert
comporte les plus grandes difficultés pour le psychanalyste ; mais
il ne faut pas oublier que ce sont justement elles qui nous rendent l'inestimable
service d'actualiser et de manifester les motions amoureuses, enfouies
et oubliées ; car, en fin de compte, nul ne peut être mis
à mort, in absentia ou in effigie. "
À cette première distinction de la fonction du transfert
dans la cure, une autre, liée à l'intégration progressive
de la découverte du complexe d'dipe, vient s'ajouter l'idée
que, dans le transfert, c'est la relation du sujet aux figures
parentales qui est revécue, et notamment avec l'ambivalence
pulsionnelle qui la caractérise (13). Pour rendre compte de l'ambivalence
pulsionnelle, comme des positions ambivalente du sujet, S.Freud est amené
à distinguer deux types de transferts (deux courants transférentiels),
l'un tendre et l'autre hostile.
À partir de 1912 (in, La dynamique du transfert), ces deux
aspects du transfert sont plus précisément qualifiés
par les termes de transfert positif et de transfert négatif.
C'est dans ce texte qu'il introduit pour la première fois le terme
de transfert négatif et qu'il propose de différencier
au sein du transfert positif, d'un côté, une part
constituée par des sentiments amicaux et tendres,
capables de devenir conscients, et, de l'autre, une part érotique
dont les prolongements se trouvent dans l'inconscient. Le transfert
négatif, comme la part érotique du transfert,
servent la résistance. L'analyste va pouvoir s'appuyer sur
l'autre partie du transfert, le positif, pour vaincre la résistance
du patient.
Dès lors, S.Freud prend alors pleinement en compte les différents
aspects du transfert et que C.Couvreur désigne comme " doubles
polarités du transfert " (14), du fait que celui-ci :
a/ se compose, d'une part, de valences à la fois positives
(tendresse / amour) et négatives (agressivité / haine),
b/ se présente, d'autre part, à la fois comme une résistance
(15), mais aussi comme l'outil essentiel qui permet l'avancée
de l'analyse (16),
c/ et permet, enfin, la remémoration et la représentation,
comme il peut les empêcher, du fait qu'il est un transfert agi.
Dans L'amour de transfert (1915), S.Freud décrit le transfert
agi (ou un " agir de transfert ", dans lequel l'acte vient
remplacer la parole), lequel vient interrompre le jeu transférentiel
(comparant cela à l'interruption d'une représentation
théâtrale) ; il écrit : " La scène a entièrement
changé, tout se passe comme si quelque comédie eût
été soudainement interrompue par un évènement
réel, par exemple comme lorsque le feu éclate pendant une
représentation théâtrale. "
On doit, par ailleurs, noter l'existence d'autres polarités transférentielles,
notamment narcissique / objectale, prégénitale / génitale,
paternelle / maternelle, etc. Dans chacune d'elles - sauf clivage intra
et interpsychique - il y a un jeu conjoint, agoniste et antagoniste, comme
dans la polarité entre la parole et l'acte (C.Couvreur, 2000).
Mais à partir de ce moment, ce qui apparaît dans les avancées
freudiennes est le fait que, pour S.Freud, le transfert n'est pas seulement
un " effet " de la cure, mais aussi un " indicateur "
des transformations internes de la libido : ce qui est transférable,
ce sont les pulsions. Rappelons qu'avec la théorie des pulsions,
S.Freud a cherché à éclairer le fondement de l'activité
psychique (c'est-à-dire à cerner les éléments
pulsionnels, comme à formaliser les éléments libidinaux,
à partir des quels les transferts vont donner naissance au psychique)(17)
.
Si, dans ses avancées cliniques liées aux développements
de la première théorie des pulsions, S.Freud est dès
lors en mesure de définir la démarcation qui s'établit
entre le positif et le négatif du transfert, il faut cependant
attendre les remaniements métapsychologiques des années
vingt (deuxième théorie des pulsions) pour que puisse être
différencié :
- ce qui est de l'ordre, ou qui renvoie aux, contenus tendres / amoureux
et agressifs / hostiles du transfert, contenus en relation à un
transfert qui se remémore, qui s'élabore et
qui se représente (un transfert lié au sens, via
les représentations de chose et de mot, le langage, le refoulé,
le système pcs-cs, tous en relation au " principe de plaisir
/ principe de déplaisir " "),
- d'un transfert agi dans la répétition, ce transfert
étant lié à la dynamique pulsionnelle, à savoir
la force liée au Ça (destructivité), qui entraîne
un " au-delà " (ou un " en-deça "),
du " principe de plaisir / principe de déplaisir " (18).
Désormais, les avancées théoriques, ainsi que l'expérience
clinique avec ses patients, vont, désormais, le conduire à
prendre progressivement en considération le fait que le transfert
se joue entre les deux protagonistes de la scène analytique (ou,
si l'on préfère, dans " l'arène du transfert
"). Le transfert, aussi bien dans sa dimension d'attente que de refus,
est adressé au psychanalyste, qui en devient alors, à la
fois, le transitaire et le destinataire. De ce fait il doit être
entendu comme un processus qui structure l'ensemble de la cure
sur le prototype des conflits infantiles, processus qui permet
alors le dégagement (ou l'instauration) du concept de névrose
de transfert.
Le / les transfert(s) négatif(s)
Issus de l'inévitable répétition dans la cure des
expériences de frustration et de manque, liées au sentiment
que l'objet n'est pas comblant, ni à la hauteur des attentes infantiles,
les transferts négatifs sont l'expression de sentiments
agressifs et violents qui peuvent, à certains moments de la cure,
prendre une connotation haineuse. Ils sont au cur même de
l'analyse : on peut affirmer qu'il n'y aurait pas " d'analyse ",
si ceux-ci n'étaient " entendus " et, de ce fait, interprétés
par l'analyste.
Ils sont conditionnés par au moins trois facteurs d'ordre psychiques
:
- l'ambivalence des sentiments (les sentiments positifs d'amour
et négatifs de haine, conjoints, qui constituent les relations
du sujet avec l'objet (" l'objet naît dans la haine ",
avance S.Freud, dans " Pulsions et destin des pulsions ",
1915),
- le narcissisme,
- ce qui procède de la pulsion de mort (des pulsions de destruction),
comme de la destructivité qui lui est inhérente, qui entraînent,
du fait de la négativité psychique à l'uvre
(A. Green, 1993) (19), des formes de " négativisme "
dans la cure (20).
Ce sont, pour l'essentiel, ces deux conjonctures psychiques (narcissisme
et pulsions de destruction) qui sont à l'origine des différents
obstacles rencontrés lors du travail analytique. Mais ce sont aussi
celles-ci qui sont à l'origine des avancées conceptuelles
les plus marquantes des six dernières décennies.
Aussi, les transferts négatifs ne se définissent
pas uniquement par la qualité négative ou violente des sentiments
qu'ils expriment, mais aussi par le fait que les mouvements qui les animent,
s'ils ne sont pas analysés, peuvent aller jusqu'à immobiliser,
et parfois même entraver, la poursuite de la cure. Comme l'a écrit
C.Couvreur (2000) (21), " la négativité du transfert
dépend moins du signe affecté à son contenu que du
négatif de ses effets " .
Ainsi doit-on dégager deux formes de transferts négatifs
:
A / d'une part, le transfert négatif dans son acception
la plus classique ;
B / d'autre part, le transfert négativant destructeur (23).
Chacune de ces deux variantes vont exprimer des modalités défensives
différentes au regard des émergences pulsionnelles et des
sentiments (émotions, comme affects) réveillés, dans
la cure psychanalytique, par l'objet (la relation, et, donc, l'objet dans
la relation).
Le transfert négatif dans son acception la plus classique
Il anime et soutient le processus en tant que valence négative
du transfert positif qui serait, selon l'expression de J.Cournut (2000)
(24), comme un transfert négatif de vie. Inhérent
au déploiement processuel, il en est le plus souvent le "
fer de lance " dans la mesure où il est lié aux résistances
dues au transfert, lesquelles nécessitent qu'elles soient interprétées
(analysées) pour les dépasser (et faire en sorte que le
processus se déploie).
Fait de sentiments ou de mouvements négatifs, agressifs, violents
et haineux à l'égard de l'objet de, et du, transfert, le
transfert négatif s'exprime le plus souvent par l'attaque de l'analyste,
du cadre, et des conditions qui président à la gestion de
la cure, comme à son apparente " faisabilité ".
Du fait qu'il se manifeste comme valence négative du transfert
de base et qu'il est en relation à un mouvement d'ambivalence
amour / haine à l'égard de l'objet, il s'inscrit comme
un mouvement de " contre processualité ", notamment
chez des sujets dont les modalités psychiques sont en mesure d'établir
une " névrose de transfert " (T.Bokanowski, 2004) (25).
Chez ces sujets, la capacité de déplacement des investissements
étant conservée, le transfert négatif, qui s'adresse
de manière ambivalente à l'objet (à l'objet de transfert),
reste inscrit au niveau d'Eros ; ses expressions psychiques sont alimentées
par des reproches implicites, ou explicites, adressés à
l'objet de (et du) transfert ; il représente un facteur d'individuation
- la capacité à penser et à dire " non "
- du fait que la différenciation primaire Moi / non-Moi
a pu être, autrefois, établie.
En d'autres termes, même s'il y a un apparent décentrement
processuel qui brise l'illusion de linéarité et de continuité
de la relation (tant objectale, que narcissique), la " transférabilité
" est maintenue du fait que le transfert négatif reste ancré
dans la liaison pulsionnelle. Grâce au champ de la relation
analytique, les mouvements de transfert négatifs (mouvements agressifs,
violents, hostiles ou haineux) sont transformables en affects, et demeurent
symbolisables, à la faveur de l'interprétation (de transfert).
En résumé, dans ce type de transfert, les sentiments
d'hostilité, comme la haine, relèvent de la souffrance
psychique - par opposition à la douleur psychique ; cette souffrance,
qui est liée à l'angoisse de castration et de pénétration,
comme à l'angoisse de séparation (qui renvoie au deuil),
demeure " processuelle " et l'on parlera volontiers à
son sujet de sentiments hostiles, de violence, comme de haine dans
le transfert.
Le transfert négativant destructeur
Parfois le transfert négatif peut prendre l'allure d'un transfert
négatif érotique : dans ces cas le pulsionnel défléchit
sur le narcissisme ; il peut entraîner des débordements passionnels
et une érotisation du transfert, avec des agirs importants.
Il peut alors prendre l'aspect d'un transfert négatif hostile,
violent, haineux et insupportable (au sens narcissique du mot), tant pour
le patient que pour l'analyste.
Dans ces cas il vient rejoindre cette catégorie de transfert qui
est celle qui se range sous l'appellation de transfert négativant
destructeur, ou encore, selon l'expression de J.Cournut (2000) de
transfert négatif de mort (26), c'est-à-dire un transfert
qui immobilise le processus et la vie psychique du patient,
comme celle de l'analyste. Il est d'une toute autre nature que
le transfert négatif à proprement parler, car c'est un transfert
de type " mortifère ", régi par les pulsions destructrices.
Les expressions psychiques qui colorent ce type de transfert entraînent
des résistances qui apparaissent souvent insurmontables et qui
peuvent faire craindre, sinon des réactions thérapeutiques
négatives, du moins une analyse " interminable " : elles
sont à l'origine de tout le questionnement et de toutes les avancées
de l'analyse dite contemporaine concernant tant l'analysabilité,
que la gestion de la cure, des catégories psychiques qui vont de
la " névrose de caractère " (qui peut parfois
prendre les aspects sociaux les plus normatifs, ceux que l'on nomme les
" normopathes ") à celles qui sont aux limites de la
" folie passionnelle " susceptible de développer des
transferts délirants (" folie privée "(27) ) :
on peut y ranger toute la pathologie du narcissisme (notamment, les "
cas limites "), les affections psychosomatiques et celles qui relèvent
des " addictions ", la psychopathie et la négativité
relevant de la perversion du transfert (les " anti-analysants ",
J.McDougall) (28).
Le transfert négativant destructeur s'inscrit dans une "
anti-processualité " (T.Bokanowski, 2004) (29), liée
à une négativité parfois difficilement réversible
du fait que l'action excessive des pulsions destructrices empêche
la fonction de liaison.
Comme l'écrit J.-B.Pontalis (1988) (30), qui différencie
très explicitement les types de " négatif " à
l'uvre, " ce n'est pas le fait que nos patients répètent,
réactualisent leurs expériences douloureuses d'échec,
de colère, de rage et de vengeance qui nous paraît "négatif"
[
] Ce ne sont pas non plus les attaques, directes ou indirectes,
contre l'analyste - attaques que nous avons parfois tendance à
prendre à la lettre - qui nous mettent vraiment à l'épreuve.
Ce sont les attaques, le plus souvent silencieuses, contre l'analyse,
contre l'activité de pensée, aussi bien celle du patient
que celle de l'analyste. On dirait que le lien transférentiel est
si massif qu'il interdit toute liaison ou déliaison.
Le transfert sur l'objet fait alors obstacle aux transferts des représentations.
Il y a des transferts qualifiés de positifs qui nient l'analyse
ou la rendent sans fin et sans commencement : surtout pas d'énervement
! Ce sont eux que l'on pourrait tenir légitimement pour négatifs
"
Le transfert négativant destructeur se manifeste le plus
souvent, chez des sujets dont les processus psychiques ne permettent pas
l'établissement d'une véritable " névrose de
transfert ", lorsque du fait de l'avancée de la cure, la régression
topique conduit le processus à aborder les niveaux primaires, identitaires
et archaïques de la personnalité et fait apparaître
de manière prévalente des modalités de fonctionnement
psychique en relation au niveau d'organisation qui concerne les liens
primaires avec l'objet.
Le contact avec ces niveaux primaires peut faire apparaître, suivant
les moments de régression et les modalités de l'avancée
de la cure :
- soit l'incidence de traumatismes primaires (trauma) qui ont entravé
le processus de l'intrication pulsionnelle (intégration harmonieuse
des pulsions érotiques avec les pulsions destructrices), tout en
créant une défaillance dans la constitution du narcissisme
et d'importantes carences représentatives qui mutilent gravement
le Moi ;
- soit les interactions entre amour et haine primaire, en
rapport aux défaillances de l'objet primaire (indistinction entre
amour primaire et haine primaire) ;
- soit encore, le poids du sentiment inconscient de culpabilité
primaire (Surmoi précoce), comme du masochisme primaire, qui entraînent
certaines formes de haine et de violence chez le sujet,
tant à l'égard des autres que de lui-même, lesquelles
(haine et violence) portent la marque d'une destructivité qui n'est
plus en lien avec la libido (agressivité).
Mis en contact avec des souffrances narcissiques identitaires, en rapport
à des zones de fragilité structurelle et psychique douloureuses,
le sujet qui retrouve à ce niveau l'incapacité de maintenir
un lien libidinal à l'objet, dont l'altérité est
vécue comme insupportable, cherche à protéger son
intégrité narcissique en exprimant une opposition transférentielle
haineuse afin de se protéger contre une douleur qui peut aller
jusqu'à prendre une tonalité agonique.
Le transfert négativant destructeur attaque alors le lien transférentiel,
la " transférabilité " et le processus. Il s'inscrit
dans une défense narcissique qui peut prendre des formes
passionnelles ou haineuses, voire au contraire se manifester par une neutralisation
forcenée de tout investissement (transfert - non-transfert) du
fait de la méfiance à l'égard de l'objet. Dans ce
type de transfert, le patient exprime son emprisonnement dans un objet
primaire imprévisible, haineux, à la fois rejetant et intrusif,
absent et envahissant. Tantôt les avatars de l'identification primaire
interpellent bruyamment l'analyste, tantôt elles demeurent sournoisement
silencieuses, ne se manifestant que sous forme d'opposition psychique
muette dont tout affect est évacué vers l'extérieur.
On entre alors dans le domaine de " l'anti-processus ",
qui annihile les capacités transformatrices que l'on est en droit
d'attendre de la cure et qui vide le processus de sa fécondité,
comme de ses potentialités, rendant celui-ci stérile et
dévitalisé. Les " ratés " du tissage des
liens à l'objet primaire, en relation à sa non-disponibilité,
à ses manquements, ainsi qu'à l'absence répétée
de réponse adéquate face à des situations de détresse
primaire (" Hilflosigkeit "), entraînent, dans le
transfert, une répétition à l'égard de l'analyste
des accusations de méfiance, de disqualification de l'affect et
de déni de reconnaissance de l'éprouvé. Les trauma
sévères, souvent cumulatifs, qui ont pu marquer la petite
enfance du patient s'expriment sous la forme d'une relation douloureuse,
narcissiquement blessée et blessante, qui répète
les failles de la relation de base (" défaut fondamental
" de M.Balint (31)) avec des premiers objets non-fiables et non-contenants.
Ces niveaux primaires, en rapport à des zones de fragilité
structurelle et psychique protégée par des défenses
" comme si ", se révèlent le plus souvent chez
des sujets dont la différenciation Moi / non-Moi a été
autrefois mal assurée et qui, du fait des " ratés
" du tissage des liens avec l'objet primaire, a entraîné
un sentiment de " discontinuité de l'être " ou
de " non-continuité de l'existence ".
Le transfert négativant destructeur naît ainsi de la conjonction
de deux facteurs : d'une part, l'intensité grandissante de la douleur
liée à la prise de conscience de la précarité
des liens avec l'objet primaire, d'autre part, la menace que fait peser
la destructivité (produit de la désintrication pulsionnelle)
sur cette nouvelle liaison que représente le transfert de base
sur la personne de l'analyste.
Ces mouvements destructeurs posent la question d'un seuil d'intensité
au-delà duquel la souffrance ne peut plus être liée
à la libido. Elle entraîne une violence psychique, expression
de la violence pulsionnelle qui, ne trouvant pas d'objet suffisamment
intriquant et contenant pour la lier, se retourne contre le sujet et l'entraîne
dans une haine destructrice qui le conduit à désirer tout
détruire, y compris son propre appareil psychique. Dans ces moments,
la haine s'empare alors de la violence pulsionnelle pour attaquer de façon
meurtrière non seulement la réalité, mais également
le lien à l'objet de transfert, voir même la capacité
à transférer. La destructivité n'attaque pas seulement
la situation analytique, mais elle envahit de haine tout le champ du fonctionnement
psychique, radicalisant les différents modes de défense
et entraînant, pour reprendre le mot de J.-B.Pontalis (1981) (32),
une véritable " logique du désespoir ".
Le contre-transfert de l'analyste
Ces moments dans la processualité mettent tout particulièrement
à l'épreuve le contre-transfert de l'analyste (et, donc,
ses capacités d'écoute), celui-ci devant absolument trouver
le moyen de non seulement de maintenir le contact dans la relation (ne
pas " s'évader " à son tour), mais chercher à
accepter de s'identifier aux aspects les plus infantiles de son patient.
Dès lors que le patient met en scène la manière
dont il se sent traité par ses objets, l'analyste se retrouve immanquablement
dans la situation d'un objet primaire haïssable, car défaillant,
ce qui, suivant les mouvements de la cure, fait de lui un objet mauvais,
hostile, intrusif, empiétant, incompréhensif, indifférent,
et dont il est dit que l'on ne peut " rien attendre ".
L'analyste découvre dans ce " mal être " - en
relation à l'angoisse de perte de l'amour de l'objet dont la perception
interne est constamment menacée -, la raison profonde de la demande
qui a motivé l'analyse.
Toute tentative de lien avec le passé de la part de l'analyste
est alors le plus souvent vécue par le patient comme une mise à
distance de celui-ci et entraîne chez lui une attitude défensive
farouche : il ne transfère plus, mais il évacue dans l'analyste
sa rage et sa détresse (33) .
Face à une telle conjoncture qui éveille aussi chez lui
une douleur, qui est tout autant d'ordre objectale que narcissique, l'analyste,
outre son endurance tempérée, aura comme principal recours
d'entendre cette épreuve psychique comme l'expression de l'identification
projective du patient à ses objets dont les aspects négativants
confine celui-ci à un état de désespoir.
Derrière les sentiments d'impuissance et de désespoir qu'une
telle situation fait vivre en retour à l'analyste, celui-ci peut
entendre les demandes absolues, exigeantes et tyranniques, du patient
d'être aimé, quel qu'en soit le prix.
Mais pour le patient, il ne serait question que cette demande d'amour
inconditionnelle, qui est formulée secrètement, soit mise
à jour. Masquée par la haine et la destructivité
celle-ci revient de manière lancinante, comme au titre d'une réparation
face à l'impossibilité de transformer les traces d'un objet
par trop défaillant, qui se dérobe, en un objet qui accepte
de supporter un " amour impitoyable " (" ruthless love
", D.W.Winnicott, 1954 (34)).
Aussi faudra-t-il beaucoup de temps à l'analyste pour trouver
les mots qui lui permettent, au fil de la relation analytique, de qualifier
les souffrances liées non seulement au besoin du sujet de reconnaissance
de la part de l'objet, mais aussi à ce que le sujet puisse être
convaincu que son désir d'asservissement de l'objet (" aime
moi, quoique je puisse te faire vivre et exiger de toi ") n'entame
pas, ni ne détruit, celui-ci.
Plus que de nommer ces souffrances, il importe pour le sujet que l'analyste
se montre apte à les vivre, comme à les " habiter "
à son tour, et pour ce faire, accepter que la haine, comme la destructivité,
puisse être partagée, c'est-à-dire qu'il ait pu être
préalablement conduit à reconnaître les siennes propres
(sa propre destructivité et sa propre haine) et à les assumer
à l'égard du patient, sans, pour autant, interrompre la
relation avec celui-ci.
Réaction thérapeutique négative
Si face aux plaintes et au désespoir du patient, qui évacuent
du champ analytique plaisir et désir, l'analyste opère un
retrait narcissique, on risque de s'acheminer vers une analyse interminable
ou une réaction thérapeutique négative.
Ouvrir le chapitre de la réaction thérapeutique négative,
c'est aborder une très vaste question sous laquelle il n'est pas
toujours sûr que les analystes parlent du même problème.
Le concept de réaction thérapeutique est très souvent
utilisé et de façon parfois si large aujourd'hui qu'il risque
de perdre toute signification et contenu précis, du fait qu'il
semble que l'on puisse parfois le confondre avec une des manifestations
non seulement de la résistance négativante à l'uvre,
mais surtout avec ce qui viendrait expliciter l'échec du traitement
psychanalytique (A.Green, 1993) (35).
On peut rappeler que, pour S.Freud, la réaction thérapeutique
négative se situe du côté d'une résistance
à la guérison qui conduit le sujet à trouver dans
la cure elle même le lieu privilégié de la satisfaction
de son masochisme primaire, comme de la culpabilité primaire, en
relation aux pulsions de destruction.
Pour S.Freud, comme pour nombre d'analystes à sa suite, la réaction
thérapeutique négative ne signe pas un simple avatar, ou
un moment particulier, de la cure, mais elle est l'expression d'une organisation
psychique spécifique dont on peut dire, aujourd'hui, qu'elle est
propre à certains patients chez lesquels la pathologie du narcissisme
semble prévalente. On pourrait rappeler, ici, la petite phrase
de S.Freud concernant certains patients qui se caractérisent par
leur " inaccessibilité narcissique ou (leur) attitude négative
à l'égard du médecin " (36).
Cliniquement on a affaire à une force qui s'oppose à l'évolution,
comme à la transformation, et qui détruit sournoisement
la fécondité potentielle du lien transférentiel.
Les résistances au changement sont liées à la conjonction
d'un certain nombre de menaces sur le Moi : la crainte de la " dépendance
" à l'objet de transfert, du fait de l'impuissance infantile
; la crainte de la passivation, du fait de la problématique de
la castration (l'dipe) ; la revendication et le désir de
vengeance à l'égard d'un objet primaire douloureusement
frustrant et incomblable ; la destructivité envieuse à l'égard
des capacités transformatrices de l'objet.
Dans cette conjoncture, l'envie a donc inversé la situation normale
de dépendance en un enfer de haine : celle-ci est mise en avant
à la fois comme une défense ultime face à l'amour
- l'amour étant, pour sa part, vécu comme un piège
redoutable dont il faut se défendre avec l'énergie du désespoir
- et une défense face à l'élaboration de la crainte
de l'abandon.
Davantage qu'une expression haineuse de la culpabilité, il s'agit
d'une défense haineuse devant une culpabilité insupportable.
Plutôt que de reconnaître que l'on a besoin d'un objet pour
survivre, mieux vaut le haïr et le détruire, tout en se haïssant
et en se détruisant en même temps. Dès lors, comme
l'écrit F.Guignard (2000), l'analyste découvre douloureusement
" les ravages effectués à son insu par l'alchimie dia-bolique
des éléments négatifs du transfert et du contre-transfert
qui ont mené silencieusement leur combat mortifère d'arrière
garde. (37)"
Tel semble bien avoir été le message de S.Freud qui, dans
Analyse avec fin et sans fin (1937) (38), cherchait à démêler
les fils de la réaction thérapeutique négative. Aux
raisons avancées par celui-ci (masochisme primaire, culpabilité,
pulsions destructrices et " roc " du féminin), les développements
plus récents de la psychanalyse nous permettent d'ajouter aujourd'hui
l'importance des relations primaires avec l'objet qui, lorsqu'elles ne
sont pas reçues par l'analyste, peuvent devenir l'enjeu d'un combat
narcissique haineux et mortifère avec l'objet primaire dans le
transfert.
Paris, Octobre 2005
Thierry Bokanowski
48, rue des Francs-Bourgeois
75003 Paris
tbokanow@aol.com
Notes:
(1) Neyraut M. (1974), Le transfert, Le fil rouge, Paris, P.U.F.
(2) Bleger J. (1967), Symbiose et ambiguïté, Le fil rouge,
Paris, P.U.F., 1981.
(3) Gantheret F. (1996), Moi, Monde, Mots, Paris, Gallimard.
(4) Cournut J. (2000), Le transfert négatif. Acceptations diverses
plus ou moins pessimistes, Revue française de Psychanalyse, 64,
2, p.361-365.
(5) Guignard F. (1996), Au vif de l'infantile. Réflexions sur la
situation analytique, Neuchâtel, Delachaux et Niestlé, "
Champs psychanalytiques ".
(6) Laplanche J. et Pontalis J.-B. (1967), Vocabulaire de Psychanalyse,
Paris, P.U.F.
(7) Freud S. (1905), Fragments d'une analyse d'hystérie(Dora),
Cinq Psychanalyses, Paris, P.U.F., 1954, p.1-91.
(8) S.Freud y fait, ente autres, explicitement référence
que dans une note écrite en après-coup (en 1923) et dans
laquelle il se reproche de ne pas en avoir suffisamment tenu compte.
(9) Freud S., Breuer J (1895), Études sur l'hystérie, Paris,
P.U.F., 1956.
(10) Il note la propension des patientes à " transférer
par fausse association, sur la personne du médecin, les représentations
pénibles qui surgissent du contenu analysé. "
(11) Freud S. (1900), L'interprétation du rêve, OCF.P, IV,
Paris, P.U.F., 2003.
(12) Freud S. (1912), La dynamique du transfert, in De la technique psychanalytique,
Paris, P.U.F., 1953, p.50-60.
(13) C'est ainsi qu'il écrit dans son compte-rendu de la cure de
L'homme aux rats (1909) : " Il (le patient) fallait qu'il se convainquit,
par la voie douloureuse du transfert, que sa relation au père impliquait
véritablement ce complément inconscient (c'est-à-dire,
l'ambivalence). " ; Freud S. (1909), Remarques sur un cas de névrose
obsessionnelle (l'Homme aux rats), in Cinq Psychanalyses, Paris, P.U.F.,
1954, p.199-261.
(14) Couvreur C. (2000) La polarité de l'amour et de la mort, paris,
P.U.F., Épîtres.
(15) " Le transfert est notre croix ", avait écrit, dans
les années précédentes, S.Freud à O.Pfister.
(16) " Le transfert, aussi bien dans sa forme positive que négative,
entre au service de la résistance; mais entre les mains du médecin
il devient le plus puissant des instruments thérapeutiques et il
joue un rôle qui peut à peine être surestimé
dans la dynamique du processus de guérison ", écrit
S.Freud dans Psychanalyse et théorie de la libido (1923).
(17) Ainsi, pour S.Freud, les transferts témoignent tout autant
du déplacement de la libido sur l'objet, qu'ils sont aussi l'effet,
du déplacement du somatique au psychique (ce qui est la définition
même de la pulsion), comme du déplacement des investissements
entre les pulsions sexuelles et les pulsions d'auto-conservation, entre
la libido objectale et la libido narcissique. Ce qui est " transférable
" ce sont les motions d'ordre sexuelles et / ou agressives, ainsi
que les blessures précoces faites au Moi (narcissisme).
(18) Le transfert sera une des quatre données cliniques invoquées
par S.Freud pour justifier la mise au premier plan de la compulsion de
répétition, ainsi que l'hypothèse d'un mode de fonctionnement
psychique " au delà du principe de plaisir " que sont
les rêves répétitifs de la névrose traumatique,
le jeu de la bobine, la contrainte de répétition dans le
transfert, comme dans la névrose de destinée.
(19) Green A. (1993), Le travail du négatif, Paris, Les Éditions
de Minuit.
(20) Ces formes de négativisme dans la cure peuvent conduire à
la stagnation ou à l'immobilisation de celle-ci, aux " agirs
" à répétition, à des régressions
massives et torpides, à des réactions thérapeutiques
négatives (réaction " psychanalytique " négative),
à l'interminabilité ou à l'arrêt de la cure,
etc.
(21) Couvreur C. (2000), op. cit.
(22) On peut rappeler que M.Bouvet avait écrit : " Je pense
que Lagache a raison de distinguer le transfert négatif (connotation
par rapport à la qualité des affects qui dans ce cas sont
hostiles), des effets négatifs du transfert (connotation en fonction
du travail psychanalytique) ; voir, Bouvet M. (1954), La cure type, in
uvres Psychanalytiques, TII, Résistances, transfert, Paris,
Payot, 1968.
(23) Bokanowski T. (2004), Souffrance, destructivité, processus,
Rapport du 64ème Congrès des Psychanalystes de Langue Française,
Revue française de Psychanalyse, 68, 5, N° Spécial Congrès,
p.1407-1479.
(24) Cournut J. (2000), op.cit.
(25) Bokanowski T. (2004), op.cit.
(26) Cournut J. (2000), op.cit.
(27) Green A. (1990), La folie privée Psychanalyse des cas-limites,
Connaissance de l'Inconscient, Paris, Gallimard.
(28) McDougall (1978), Plaidoyer pour une certaine anormalité,
Connaissance de l'Inconscient, Paris, Gallimard.
(29) Bokanowski T. (2004), op.cit.
(30) Pontalis J.-B. (1988), Ce transfert que l'on appelle négatif,
Perdre de vue, Paris, Gallimard, 1988.
(31) Balint M. (1968), Le défaut fondamental Aspects thérapeutiques
de la régression, Paris, Payot, 1971.
(32) Pontalis J.-B. (1981), Non, deux fois non !, Nouvelle Revue de Psychanalyse,
N°24, p.53-73.
(33) " Le patient ne transfère plus, mais il transvase ",
comme le dit A.Green.
(34) Winnicott D.W. (1954), La position dépressive dans le développement
affectif normal, in De la pédiatrie à la psychanalyse, Paris,
Payot, 1969, p.149-167.
(35) " Il ne faut pas confondre échec du traitement psychanalytique
et réaction thérapeutique négative " ; Green
A (1993), op.cit., p.138.
(36) Freud S. (1923), Le Moi et le Ça, OCF.P, XVI, Paris, P.U.F,
1991, p.255-302.
(37) Guignard F. (2000), À l'écoute du déroulement
de la cure analytique. Modes et temps d'expression du transfert négatif,
Revue française de Psychanalyse, 64, 2, p.581-597.
(38) Freud S. (1937), L'analyse avec fin et l'analyse sans fin, in Résultats,
idées, problèmes II (1921-1938), Paris, P.U.F., 1985, p.231-268.
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