Textes & livres

 
 


CORPS ET ACTES MESSAGERS

R. Roussillon


Introduction

L'une des caractéristiques fondamentales de la démarche psychanalytique est de considérer que ce qui est généralement donné comme déchet, rebus de l'activité psychique ou humaine, et donc non sens, est en fait porteur d'un sens caché et en attente d'être révélé, découvert, voire construit. La psychanalyse requalifie ainsi ce que la psychologie savante tendait à situer hors champ, elle souligne que ce qui paraît ne pas avoir de sens, possède, en fait, un sens autre, obéit à d'autres logiques que celles qui sont habituellement considérées comme telles. Ainsi historiquement en fut-il du rêve, des lapsus et actes manqués, ainsi en fut-il des symptômes psychopathologiques et des productions de la folie humaine, de tout ce que Lacan a appelé " les formations de l'inconscient ".

À l'heure actuelle encore bien souvent les formes d'expression du corps, celles qui passent par les symptômes psychosomatiques en particulier, sont considérées par la plupart des somaticiens et même certains psychosomaticiens, comme dépourvues de sens, elles sont " bêtes " disent certains. De la même manière, dans la direction donnée par la notion psychiatrique de passage à l'acte, certains ne voient dans le recours à l'acte et à l'agir que l'on peut observer dans certaines formes de psychopathologie, que tendance à la " décharge ", qu'évitement ou l'évacuation des contenus psychiques. Là encore une activité humaine, pourtant parfois complexe, est considérée comme insignifiante, ou plutôt comme ne signifiant rien d'autre que le refus du sens, qu'une tentative pour évacuer celui-ci.

Ce qui vient du corps à mauvaise presse, il représente souvent ce qu'il faut bien accepter pour être, mais ce qui doit rester muet, ce qui doit rester silencieux car dépourvu de sens. Ceux qui prétendent, à l'inverse, que le corps et l'acte pourraient receler plus d'organisation et de sens qu'il ne semble, sont alors considérés comme des romantiques de l'ineffable, des rêveurs qui projettent un sens sur ce qui ne saurait, par nature, en posséder, et ne sont donc pas scientifiques, ni même rationnels. Certains psychanalystes ont parfois été complaisants à l'égard de ces positions, dont on remarquera qu'elles sont issues d'une certaine

pensée médicale, au nom d'une prise en compte des facteurs économiques, au nom d'une séparation épistémologique des champs, au nom d'une définition du " psychique " qui exclue le corps, ou du " mental " sans le soma. D'autres, à l'inverse, dans une tradition plus strictement freudienne, sont persuadés que rien dans l'humain n'est radicalement dépourvu de sens, et tentent de percer les logiques et langages sous-jacents à ce qui est alors considéré comme des formes d'expression, non seulement de la pulsion, mais aussi du sujet qui l'anime.

Ma réflexion se situe dans cette direction, elle poursuit, à propos de l'acte, le travail de requalification que j'ai commencé à profiler antérieurement (1) à propos des symptômes dits " psychosomatiques " (2) et des affects, elle vise à prolonger la position freudienne visant à dégager une forme de langage de l'acte, porteur d'un message adressé. Elle s'inscrit dans une conception de la vie pulsionnelle qui reconnaît aux pulsions non seulement une valeur de décharge visant la satisfaction, non seulement une valeur d'emprise (P.Denis), mais en plus une valeur " messagère " (R.Roussillon 2004). Nous aurons à reprendre ce point plus loin dans notre réflexion.

La position de Freud sur laquelle je souhaite étayer ma réflexion, est largement méconnue de la plupart des théoriciens actuels, il ne me paraît donc pas inutile d'en rappeler, pour commencer, les principales propositions.

Le langage de l'acte chez Freud.

En 1913, dans le texte intitulé L'intérêt de la psychanalyse, nous pouvons lire sous sa plume :

" Par langage, on ne doit pas comprendre simplement l'expression des pensées en mot, mais aussi le langage des gestes et toute forme d'expression de l'activité psychique.. ".

La suite de l'article indique qu'il pense au " langage du rêve " c'est-à-dire celui des représentations de choses, mais aussi celui des langages du corps qu'il explore. Nous verrons plus loin qu'il a déjà abordé la question des formes non verbales du langage dans l'hystérie et la névrose de contrainte, c'est-à-dire dans l'univers névrotique, mais je voudrais tout de suite souligner que l'on ne peut résumer sa position en restreignant celle-ci à l'univers névrotique, car, passim dans le même article, Freud évoque aussi la démence précoce. L'attribution de la qualité de langage doté de sens s'étend pour Freud aux actes, quelle que soit la pathologie ou le fonctionnement psychique des sujets concernés, c'est un énoncé générique, structurel, et non régional et surgissant d'une heureuse conjoncture.

Ceci étant dit et que je voulais marquer fortement d'emblée, reprenons différents jalons de cette hypothèse dans le cours de sa pensée.

En 1907, dans l'article qu'il consacre aux Actions compulsionnelles et exercices religieux, Freud évoque le rituel d'une femme qui est obligée de tourner plusieurs fois autour de la cuvette d'eau salie par ses ablutions avant de pouvoir vider celle-ci dans les toilettes. L'analyse de ce rituel compulsif fait apparaître que, non seulement

" les actions compulsionnelles sont chargées de sens et (mises) au service des intérêts de la personnalité ",

mais qu'elles sont la figuration, soit directe soit symbolique, des expériences vécues et donc qu'elles sont à interpréter soit en fonction d'une conjoncture historique donnée, soit symboliquement. Ainsi pour ce qui concerne le rituel de la cuvette, il prend au cours de l'analyse le sens d'un avertissement adressé à la sœur de la patiente qui envisage de quitter son mari, de ne pas se séparer des " eaux sales " du premier mari, avant d'avoir trouver " l'eau propre " d'un remplaçant. Je souligne ici que, pour Freud, le rituel ne prend pas seulement sens dans la relation de la patiente à elle-même, donc sens intrapsychique, mais qu'il s'inscrit aussi dans la relation à la sœur de celle-ci, comme " message " adressé à celle-ci. L'action compulsionnelle à un sens, elle " raconte " une histoire, l'histoire, mais, c'est en plus une histoire adressée, un message, un " avertissement " dit Freud, pour la sœur de celle-ci.

L'acte " montre " une pensée, un fantasme, il " raconte " un moment de l'histoire, mais il montre ou raconte à quelqu'un de significatif, il s'adresse, et ceci même s'il n'assume pas pleinement son contenu, même si la pensée se cache derrière sa forme d'expression. L'acte " montre ", il ne " dit " pas, il raconte, mais avance masqué.

En 1909 Freud prolonge sa réflexion concernant les attaques hystériques et la pantomime de celle-ci, dans une ligne qu'il avait déjà commencée à frayer dès 1892 et Pour une théorie de l'attaque hystérique. Dans Considérations générales sur l'attaque hystérique il souligne alors que, dans celle-ci, le fantasme est traduit dans le " langage moteur ", projeté " sur la motilité ". L'attaque hystérique et la pantomime qu'elle met en scène, lui apparaissent comme le résultat de la condensation de plusieurs fantasmes (bisexuels en particulier), ou de l'action de plusieurs " personnages " d'une scène historique traumatique. Par exemple, ce qui se donne comme l'agitation incohérente d'une femme, comme une pantomime insensée, prend sens si l'on prend soin de décomposer le mouvement d'ensemble pour faire apparaître une scène de viol. La première moitié du corps et de la gestuelle de la femme " figure ", par exemple, l'attaque du violeur, qui tente arracher les vêtements de la femme, tandis que la seconde moitié de son expression corporelle représente la femme en train d'essayer de se protéger de l'attaque.

La encore donc, la pantomime apparemment sans sens et qui apparaît au plan manifeste comme une agitation désordonnée, est éclairée si on peut analyser et décomposer les différents éléments qui en organisent secrètement l'agencement. Ce qui apparaît au premier abord comme " pure décharge " livre alors la complexité signifiante qui l'habite et se masque. L'hystérie " parle " avec le corps, elle montre ce que le sujet ne peut-dire, elle le cache ainsi. Déjà, à propos de la conversion, Freud avait souligné que le corps de l'hystérique tentait de dire les mots que le sujet ne pouvait accepter de prononcer et de prendre pleinement conscience. Par exemple, une nausée exprimera le fait langagier d'avoir " mal au cœur ", et le mal d'avoir " mal au cœur " renverra, lui, à la forme métaphorique d'une peine de cœur, à un amour déçu. L'acte, dans les processus hystériques, peut être interprété comme le fut le représentant affect, il est langage de l'acte, il est passage du langage par l'acte, plus que passage à l'acte.

Et il est langage adressé, adressé à soi, manière de se dire, mais aussi adressé à l'autre, en attente peut-être que ce qu'il dit sans savoir, sans le dire, soit entendu par l'autre et reflété par celui-ci. Dès les Études sur l'hystérie Freud note, dans l'ensemble des scénarii ainsi raconté et mis en scène, la place tenue par ce qu'il nomme en 1895 " le spectateur indifférent ". La scène est adressée à ce spectateur, qui est aussi un représentant externalisé du moi, un double, elle raconte " pour " ce spectateur, elle est là encore " message adressé " à un autre, alors " pris à témoin " de ce qui n'en avait pas historiquement comporté.
Et encore en 1920 quand Freud entreprend l'analyse de la tentative de suicide de la jeune fille qu'on lui confie, elle se jette d'un pont, il ne procède pas autrement que dans les cas précédents, il analyse le sens de l'acte, son langage, examine à qui celui-ci s'adresse, en l'occurrence le père sous les yeux duquel l'acte est commis.

Les exemples que nous venons de relever chez Freud, appartiennent à l'univers névrotique, ils mettent en scène des représentants de l'économie anale ou phallique, ils appartiennent à un univers déjà marqué par l'appareil de langage, déjà encadré par celui-ci, donc à un univers déjà structuré par la métaphore. Le corps " dit ", met en scène, ce que le sujet ne peut dire, mais qu'il pourrait potentiellement dire, le corps métaphorise la scène. La structure de l'acte et de sa mise en scène est ici narrative, Freud est clair, les scènes racontent un sénario, une histoire, l'histoire d'un pan de la vie qui ne peut être assumé par le sujet, elle appartient ainsi à l'univers langagier et à ses modes de symbolisation, même si c'est le corps qui " parle " et " montre ", et si elle tente de raconter au sujet lui-même, elle est aussi et peut-être d'abord, narration pour un autre-sujet.

On se souvient que J.MacDougall, dans les textes qu'elle consacre aux " néo-sexualités ", à ce que l'on nomme le plus souvent les " perversions ", parviendra à une conclusion similaire pour ce qui concerne ces tableaux cliniques particuliers. Le " spectateur indifférent " des Études sur l'hystérie, à qui le symptôme névrotique est adressé, deviendra simplement " spectateur anonyme " dans les scénarii pervers, variante, appartenant cette fois à l'univers narcissique, du premier.

En 1938, s'agissant cette fois de l'univers psychotique des patients délirants, et dans la foulée de la fin de Construction en analyse, dans laquelle Freud propose la généralisation de ses énoncés de 1895 concernant la manière dont le sujet, fut-il psychotique " souffre de réminiscence ", il étend aux états psychotiques la remarque selon laquelle les manifestations psychotiques se déroulent aussi sous les yeux d'un " spectateur indifférent ", et apparaissent ainsi aussi comme " message adressé " à ce spectateur. Mais dès 1913, dans la partie consacré à l'intérêt de la psychanalyse pour la psychiatrie, Freud avait affirmé sa foi dans le fait que les actes, fussent-ils ceux des stéréotypies observées dans la démence précoce, c'est-à-dire la schizophrénie, n'étaient pas dénués de sens, mais apparaissaient comme " des reliquats d'actes mimiques sensés mais archaïques ".

Il poursuivait alors

" Les discours les plus insensés, les positions et attitudes les plus bizarres, partout où semble régner le caprice le plus bizarre, le travail psychanalytique montre ordre et connexion, ou du moins laisse pressentir dans quelle mesure ce travail est encore inachevé ".

L'état inachevé de 1913, est complété par deux hypothèses qu'il propose en 1938 : le symptôme psychotique " raconte " l'histoire d'un évènement " vu ou entendu à une époque précédant l'émergence du langage verbal ", donc avant 18-24 mois, et maintenu dans l'état, c'est la seconde hypothèse qu'il propose alors, du fait de la " faiblesse de la capacité de synthèse du moi " de l'époque.

D'une certaine manière il sous-entend ainsi que ce qui a été vécu à une époque où le langage verbal n'était pas encore en mesure de donner forme à l'expérience subjective, va tendre à revenir sous une forme non verbale, une forme aussi archaïque que l'expérience elle-même, et donc dans le langage de l'époque, celui des bébés et des tous petits enfants, donc un langage corporel, un langage de l'acte.

Cette intuition fournit le point de départ de l'hypothèse centrale que je me propose d'examiner maintenant : à travers les actes plus tardifs, ceux des manifestations de l'anti-socialité par exemple, où, d'une manière plus générale, ceux qui accompagnent les tableaux cliniques des problématiques narcissiques-identitaires, des expériences archaïques d'une époque précédant la maîtrise du langage verbal tentent de s'exprimer et cherchent à se communiquer, se faire reconnaître et partager.

Corps et actes messagers dans les problématiques narcissique-identitaires.
Mais avant de pouvoir expliciter pleinement cette hypothèse il est nécessaire de se pencher sur les particularités des expériences primitives, dans la mesure où leurs spécificités vont en partie se retrouver dans le langage de l'acte et du corps que nous allons retrouver dans les modes de retours plus tardifs observés dans la clinique des souffrances narcissiques.

La subjectivité du bébé n'est pas une subjectivité unifiée, il traverse des états subjectifs différents et la " faiblesse de la capacité de synthèse " que Freud évoque, ne permet pas à ces différents moments vécus de la subjectivité d'être d'emblée unifiés. L'enfant vit dans une " nébuleuse subjective " (M.David), son moi se constitue de noyaux " agglutinés " (J.Bleger), avant d'être rassemblés dans des unités constituants un " moi-sujet émergent ". Ceci a pour conséquence que les expériences précoces peuvent être sans lien les unes avec les autres, non par le fait d'un clivage, mais par manque d'intégration d'ensemble, elles peuvent être " partielles " et être enregistrées avec cette caractéristique. Je rejoins ici D.W.Winnicott qui souligne que l'état non intégré n'est pas semblable au processus de désintégration d'un état déjà intégré. Dans le second cas, l'idée d'un clivage prend sens, mais quand les états subjectifs ne sont pas encore intégrés, la notion de clivage est dépourvue de signification subjective.

Les expériences subjectives primitives sont étroitement articulées aux états du corps et aux sensations issues de celui-ci. La sensation corporelle est ainsi au centre, elle s'accompagne de mouvements moteurs auxquels elle est étroitement mêlée, ce qui donne de la pertinence à l'idée de processus sensori-moteurs. Elles peuvent ainsi être de nature érotique, elles sont subordonnées au principe organisé par le couple d'affects plaisir-déplaisir. Mais l'érotique qu'elles comportent n'est pas de type orgasmique, c'est la différence entre la sexualité infantile, fut-elle précoce ou " primordiale " (C et S.Botella), et la sexualité adulte, elles sont " homosensuelles " selon l'expression d'une de mes étudiantes (N.Fuvel).

Elles sont vécues hors du temps, en tout cas du temps de la chronologie, ce qui signifie que, quelle que soit leur durée effective, elles tendent à être sans début et sans fin, en particulier quand elles sont chargées de déplaisir. Quand elles sont chargées de plaisir, elles tendent à s'inscrire dans des formes rythmiques élémentaires (R.Roussillon, D.Stern, D.Marcelli) qui les organisent dans des formes rudimentaires de temporalité.
Partant, elles ne sont pas remémorables, elles ne peuvent se constituer en souvenirs, elles échappent donc aux formes de mémoires dites " déclaratives ". Par contre elles peuvent contribuer à la création de schèmes mémoriels, aux mémoires dites " procédurales ", qui créent des " modèles internes opérants " (Bowlby) et des schèmes de traitement et d'organisation de l'expérience, elles tendent ainsi à donner leur forme aux expériences postérieures. Une conséquence importante est qu'elles sont ainsi " de tout temps ", qu'elles tendent à traverser le temps, qu'elles peuvent donc être réactivées et réactualisées sur un mode hallucinatoire, à se donner et à se présenter comme " actuelles ", comme toujours actuelles.

Quand elles sont réactivées ce n'est donc pas sous une forme qui se donne comme une re-présentation à la subjectivité, mais comme une présentation (Darstellung), et ceci même si elles tentent de se " raconter " par cette réactivation, elles se donnent donc comme toujours présentes. C'est ce qui fait qu'il est difficile de repérer comme telles leurs réactivations, elles viennent se mêler aux perceptions actuelles, s'intriquent à celles-ci. C'est aussi ainsi qu'elles contribuent à l'expérience présente, dont elles viennent " boursoufler " l'éprouvé de leur empreinte hallucinatoire, mais c'est ainsi aussi qu'elles peuvent être modifiées après-coup. Elles s'expriment donc électivement à travers les formes de l'affect, " ébranlement traumatique de tout l'être " selon Freud (1926), celle de l'expression somatique et par l'acte et ceci potentiellement aux différents âges de la vie.

Elles cherchent à être communiquées (J.MacDougall), reconnues (M.Dornes) et partagées (C.Parat) par les personnes significatives de l'entourage premier. Mais leur communication et leur partage, leur reconnaissance, posent problème, elles sont toujours plus ou moins chargées d'ambiguïtés, soumises à interprétation.

D'une part parce qu'elles s'expriment dans des langages peu digitalisés, qui restent marqués par l'analogie et des modèles en représentation-chose, le langage de l'affect, celui du registre mimo-gesto-postural, celui de l'agir.

D'autre part parce qu'une partie de leur sens est inachevée et dépend étroitement de la manière dont il est interprété par l'autre-sujet à qui il s'adresse.

C'est en effet la réponse de l'entourage qui, en le reconnaissant comme tel, lui donne valeur de message, qui le définit comme message signifiant, comme mode de narration, comme signifiant adressé. Si ce n'est pas le cas il " dégénère ", perd sa valeur proto-symbolique potentielle, est menacé de n'être plus qu'évacuation insignifiante, il est annulé dans sa valeur expressive et proto-narrative.

Mon hypothèse clinique est que ce sont de telles expériences de tentatives de communication qui, à force de n'être pas reconnues comme telles, de ne pas être qualifiées par les réponses de l'entourage, vont venir se manifester dans les tableaux psychopathologiques de l'enfant, l'adolescent ou l'adulte, et en particulier dans la symptomatologie des problématique narcissiques-identitaires à forme d'expression corporelle : agir ou psychosomatique. D'une part, le Moi est globalement fragilisé par les atteintes narcissiques qu'impliquent la disqualification ou la non-qualification des communications corporelles et affectives, d'autre part les formes désignifiées de celles-ci représentent autant de points énigmatiques pour le Moi qui se vit comme habité par des mouvements insensés.

La pleine intelligibilité de ces énoncés suppose l'hypothèse complémentaire que les vécus ainsi conservés sont issus d'expériences subjectives de nature traumatique et donc ayant mobilisées, sur le moment et par la suite, des modalités de défenses primaires, qui les ont ainsi soustraites, et avec elles des pans entiers de la subjectivité et de l'organisation du moi, (cf les " anciens fonctionnements du moi " que Freud évoque en 1923 comme étant " sédimentés " dans " le surmoi sévère et cruel " que l'on observe dans la réaction thérapeutique négative), à l'évolution ultérieure. Le complément que je propose suppose que soit fait le départage, parmi les expériences archaïques, entre celles qui ont pu secondairement être reprises et signifiées lors d'expériences plus tardives, et celles qui ont été tenues à l'écart de ces formes de reprise après-coup, et se présentent alors comme des " fueros " selon la métaphore que Freud propose en 1896.

Autrement dit, dans le devenir intégratif " naturel ", ou du moins suffisamment maturationnel, les expériences précédant l'apparition de l'appareil de langage, sont au moins en partie reprises dans l'univers langagier et ceci de trois manières possibles.

Par liaison des traces mnésiques et représentation de chose, d'abord, avec les représentations de mots plus tard acquises. L'expérience subjective est nommée après-coup, les sensations et affects qui la composent sont nommés, analysés, réfléchis, " détails par détails ", du fait leur liaison secondaire dans les formes linguistiques. L'apparition du langage verbal et la liaison verbale qu'il rend possible, transforme le rapport que le sujet entretient avec ses affects comme avec ses mimiques, sa gestuelle, sa posture et ses actes etc. La liaison verbale permet de contenir et de transformer les réseaux affectifs et ceux des représentations de choses, c'est alors dans la chaîne associative elle-même qu'il faut en repérer l'impact. Les expressions mimo-gesto-posturales peuvent alors accompagner les narrations verbales, elles donnent du corps ou de l'expressivité là où le sujet craint qu'elles soient insuffisantes, ou que les mots ne parviennent pas à transmettre le " tout " de la chose vécue. Les enfants et adolescents sont coutumiers de cette expressivité corporelle d'accompagnement, mais elle ne disparaît jamais complètement de l'expression adulte. Dans les formes plus élaborées encore, le jeu avec le langage ou les mots qui le composent, reprend, étaye et développe les jeux antérieurs avec les choses, le registre mimo-gesto-postural ou les affects.

Par transfert dans les aspects non-verbaux de l'appareil de langage ensuite, c'est-à-dire dans la prosodie. La voix " dit " l'effondrement vécu en s'effondrant elle-même, son rythme d'énonciation se désagrège, son intensité tente de rendre les variations d'intensité de l'éprouver... L'éprouver, en se transférant dans l'appareil de langage verbal, affecte celui-ci dans les aspects les plus " économiques " de son fonctionnement.

Et enfin, après l'adolescence, par transfert dans le style même, dans la pragmatique que celui-ci confère aux énoncés et qui permet que, entre les mots, dans leur agencement même, les choses se transmettent et soient communiquées. J'ai ainsi, par exemple, pu montrer ailleurs (3), comment le style de Proust, et en particulier son maniement de la ponctuation, transmettait au lecteur un essoufflement " asthmatique ", sans que rien, ou presque, ne trahisse cet éprouver dans le contenu du texte même, en toute inconscience en somme. C'est alors au lecteur d'éprouver ce que le sujet ne dit pas qu'il éprouve, mais qu'il transmet " à travers " son style verbal. La capacité à transférer dans le style de l'énonciation la richesse des éprouvers n'est cependant pas donnée à tout le monde également et en tout cas pas avant la réorganisation de la subjectivité de l'adolescence. Les enfants n'ont pas encore de véritable style verbal.

On pourrait ainsi, à la seule écoute des chaînes associatives verbales, retracer l'histoire de la manière dont certaines expériences subjectives précoces ont été ressaisies dans l'appareil de langage. Quand la reprise intégrative est suffisante, les trois registres de l'appareil de langage que je viens d'évoquer, se conjuguent pour ressaisir les expériences subjectives précoces et leur donner un certain statut représentatif secondaire, pour symboliser secondairement l'expérience primitive.

Ces différentes formes de transfert de l'expérience subjective primitive dans l'appareil de langage n'empêchent pas mimiques, gestuelles, postures corporelles, d'accompagner l'expression verbale. C'est sur les trois registres d'expression de la vie pulsionnelle et de la vie psychique que le sujet exprime celles-ci. Il parle avec les représentant-mots, transmet par sa gestuelle, sa mimique, ses postures, ses actes, les représentations de choses qui le meuvent, exprime par tout son corps la présence les représentants-affects qui accompagnent les autres formes d'expressivité. La domination du langage verbal dans l'expression de soi ne doit pas faire oublier à quel point elle est accompagnée d'une expressivité corporelle sans laquelle elle ne remplit que fort mal son office. Une expression verbale coupée de tout affect et de toute expressivité corporelle laisse un effet de malaise chez l'interlocuteur, rend difficile l'empathie, laisse transparaître comment le sujet est clivé de l'enfant qu'il fut et du fond de l'expérience affective humaine. Les formes de langages premiers, langage de l'affect et langage de l'expression mimo-gesto-posturale, témoins des premiers temps de la vie psychique, premières tentatives d'échanges et de communication se maintiennent toute la vie et restent nécessaires à l'expressivité, et ceci même quand le langage verbal à assurer sa domination sur les formes de l'expression.

La question clinique centrale, celle dont nous avons suivi le relevé dans la pensée de Freud et sur laquelle nous souhaitons nous pencher maintenant, est celle du devenir des expériences subjectives précoces qui n'ont pu être secondairement suffisamment ressaisies dans l'appareil de langage verbal. Je précise " suffisamment " car on ne peut exclure, même pour celles qui ont un caractère traumatique et désorganisateur, une certaine forme de ressaisie dans l'appareil de langage, au moins pour ce qui concerne une partie des " états " narcissiques voire même des " états " psychotiques. Mais ce qui m'intéresse plus particulièrement ici est ce qui, tôt soustrait par refoulement, clivage ou projection au processus de symbolisation langagier, va chercher et trouver des formes d'expressivité non-verbaux.

Dans toutes les formes de souffrances narcissiques-identitaires sur lesquelles j'ai pu me pencher, une partie du tableau clinique présenté déborde la seule expressivité verbale et se manifeste par une pathologie de l'affect ou de l'agir qui me semble témoigner, pour prolonger l'hypothèse que propose Freud, de la " réminiscence " d'expériences subjectives précédant l'émergence du langage verbal.

L'hypothèse que je propose en complément de celles qu'il avance, est que ces expériences subjectives vont tendre à se manifester dans des formes de langage non-verbaux qui empruntent au corps, au soma, à la motricité et à l'acte, leur forme d'expressivité privilégié. De la même manière que l'enfant " préverbal " utilise l'affect, le soma, le corps, la motricité, le registre mimo-gesto-postural etc. pour communiquer et faire reconnaître ses états d'être, les sujets en proie à des formes de souffrance narcissique-identitaire en lien avec des traumatismes précoces, vont utiliser aussi ces différents registres d'expressivité pour tenter de communiquer et faire reconnaître ceux-ci et ceci de manière centrale dans leur économie psychique.

Une autre manière de présenter l'essentiel que ce que je souhaite porter à la réflexion, est de dire que la représentance pulsionnelle, et c'est en cela que j'ai pu proposer l'idée que la pulsion était nécessairement aussi " messagère ", se développe et se transmet selon trois " langages " potentiellement articulés entre eux mais néanmoins disjoints : le langage verbal et les représentations de mots, le langage de l'affect et les représentants-affects, et enfin le langage du corps et de l'acte et de leurs différentes capacités expressives (mime, gestuelle, posture, acte...) qui correspond aux représentations de choses (4) (et aux " représentactions " selon la belle formule de J.D.Vincent).

Les expériences subjectives traumatiques auxquelles réfère mon hypothèse concernant les souffrances narcissiques-identitaires, sont soumises aux formes primitives de pulsionnalité, analité primaire (A Green) mais aussi oralité primaire, c'est-à-dire non réorganisées sous le primat de la génitalité, fut-ce celle de la " génitalité infantile " (Freud). Ce sont des expériences subjectives qui atteignent le sujet avant l'organisation du " non " (troisième organisateur de Spitz), avant les premières formes du " stade du miroir " (Wallon, J.Lacan) et de l'émergence de la réflexivité, avant l'organisation de la représentation constante de l'objet et l'organisation de l'analité secondaire (R.Roussillon), c'est-à-dire pour donner une idée approximative avant la réorganisation de la subjectivité qui intervient la plupart du temps entre 18 et 24 mois.

Je souligne ces différents " analyseurs ", ces différents " marqueurs " de la subjectivité, car leur manque à être organisé va colorer de manière spécifique le type de communication dont le " langage de l'acte ", dont je traite ici, va être porteur. Il témoignera en effet d'une organisation pulsionnelle " primaire " et peu organisée, d'une grande difficulté dans l'expression de la négation, d'un échec et une quête de réflexivité, d'une dépendance aux formes de présence perceptive de l'objet. On pourrait dire en paraphrasant Freud " l'ombre de l'objet plane et tombe sur le langage de l'acte ", etc.

De ce fait le langage de l'acte et du corps reste en effet fondamentalement ambigu, il porte un sens potentiel, virtuel, mais celui-ci est dépendant du sens que l'objet, à qui il s'adresse, lui confère (R.Roussillon 1983 repris in 1991. C'est un langage qui, plus encore que tout autre, est " à interpréter ", il n'est que potentialité de sens, que potentialité messagère, il est sens non encore accompli, en quête de répondant, il n'épuise jamais son sens dans sa seule expression, la réaction ou la réponse de l'objet sont nécessaires à son intégration signifiante. C'est aussi pourquoi la clinique nous en montre la plupart du temps une forme " dégénérée ", c'est-à-dire une forme dans laquelle, le répondant n'ayant pas été trouvé ou n'ayant pas fourni la réponse subjectivante adéquate, le sens potentiel a perdu son pouvoir génératif.

Un exemple permettra de faire saisir ce que je veux dire. On connaît la stéréotypie classique de certains autistes ou psychotiques qui sont fascinés par un mouvement de leurs mains qui semblent revenir indéfiniment vers soi. Les auteurs d'orientation Kleinienne évoquent alors une forme d'auto-sensualité. Sans doute. J'imagine plutôt, pour ce qui me concerne, qu'un tel geste " raconte " l'histoire d'une rencontre qui n'a pas eu lieu. La première partie du mouvement semble en effet aller vers l'extérieur, vers l'objet. J'imagine alors un objet absent, ou indisponible, ou insaisissable, indisponible, indifférent, un objet sur lequel le geste de rencontre " glisse ", sans pouvoir se saisir d'un fragment de réponse, il revient alors vers soi, porteur de ce qui n'a pas eu lieu dans la rencontre. Il tourne à vide, va vers un autre virtuel et revient vers soi, oublie dans son retour ce vers quoi il tendait, mais ce vide, cet oubli, est plein de ce qui n'a pas eu lieu, ce vide " raconte " potentiellement ce qui ne s'est pas produit dans la rencontre. L'ombre de l'objet non-rencontré tombe sur le geste, il tombe sur l'acte " en creux ", en ombre. Je me demande si certains des signifiants formels décrits par D.Anzieu ne sont pas formés ainsi, comme une première " narration " motrice des expériences de rencontre et de non rencontre avec l'objet.

Dans les travaux que je dirige à l'université Lyon2, qui portent sur la criminalité et l'anti-socialité, les actes criminels commis par les sujets rencontrés n'apparaissent jamais, à l'examen clinique approfondi, comme de purs agirs évacuateurs de tensions internes ou de motions pulsionnelles. Ils sont souvent commis dans des états hallucinatoires ou proches de l'hallucination, mais ils témoignent toujours, quelque révoltants qu'ils puissent apparaître, comme des tentatives de " liaisons signifiantes ", des tentatives de liaisons par l'acte d'un pan de l'histoire traumatique du sujet. J'en avais (5) antérieurement proposé l'hypothèse à propos de l'acte par lequel Œdipe se crevait les yeux dans la pièce de Sophocle, l'acte tente tout autant de ressaisir, de cerner et de communiquer une expérience subjective qu'il tente d'évacuer celle-ci.

Je ne peux multiplier les exemples dans le temps qui m'est donné, mais j'aimerais souligner, pour finir, que l'idée d'un langage de l'acte vaut bien au-delà du registre psychopathologique.

J'évoquerais d'abord l'acte sexuel en particulier, qui me semble être tout à fait interprétable selon la ligne que je propose. La rencontre des corps, la manière dont ils se rencontrent, dont l'un pénètre l'autre, le rythme du " va et vient ", la douceur, la brutalité, la posture, l'intensité mis dans l'engagement de soi... " racontent " à l'autre la pulsion de soi, mais aussi comment, dans le corps à corps primitif " préverbal " avec les premiers objets, les corps se sont rencontrés, pénétrés, et comment cela a pu être repris intégré, médiatisé et symbolisé dans le sexuel adulte. Les corps " parlent " le sexuel, l'acte sexuel " raconte " l'expérience de soi et l'histoire de l'expérience de la rencontre avec l'objet.

Le langage des corps dans le monde animal me fournira mon dernier exemple. Le " domptage " des dauphins obéit à un rituel intéressant et qui pourrait bien aussi se retrouver dans certaines formes d'acte sexuel ou de rencontre corporelle chez l'homme. Le dompteur doit commencer par présenter une partie de son propre corps, son bras par exemple, pour ne pas dire son membre, à la bouche, pleines de dents acérées, du dauphin. Celui-ci pourrait, d'un coup de mâchoire, trancher ce qui s'offre ainsi à lui. Mais il se contente d'exercer une faible pression sur le membre offert, le bras, il fait " sentir " qu'il pourrait couper ou endommager celui-ci, et s'arrête sans blesser le " dompteur " confiant. Puis ce dernier peut retirer le bras, et alors le dauphin se retourne et offre son ventre, la partie la plus vulnérable de son anatomie. Le dompteur à son tour pose la main sur le ventre et exerce une pression qui signifie autant qu'il peut exercer son pouvoir sur cette partie vulnérable, que le fait qu'il ne le fait pas. Voilà un " dialogue " corporel qui me paraît être le prototype corporel des opérations au fondement de ce que l'on a pu nommer le " transfert de base " que l'on peut observer quand une cure psychanalytique se présente bien. Bien sûr un tel dialogue est polysémique, il peut s'interpréter de bien des façons, du point de vue des formes du sexuel engagé, du point de vue des enjeux narcissiques de la vulnérabilité et de la sécurité, etc., mais n'est ce pas aussi la caractéristique fondamentale du langage de l'acte, et d'une manière plus générale du corps.

Notes:

(1) Cf en particulier R.Roussillon 1995 pour le symptôme somatique et 2003 pour l'affect.
(2) R.Roussillon 1995. Perception, hallucination, et solutions " bio-logiques" du traumatisme. Rev franç psychosomatique, n°8, PUF.
(3) R.Roussillon 1994. La Rhétorique de l'influence , Cliniques Méditerranéennes n° 43-44 ÉRÉS
(4) Pour des développements métapsychologiques plus complet on se réfèrera à R.Roussillon 1995 La métapsychologie des processus et la transitionnalité Rev franç psychanal n°5, 1375-1519, PUF. ou à 2001. Le plaisir et la répétition. Dunod, Paris. (2°édition 2003).
(5) R Roussillon 1987 " Les paradoxes et la honte d'Oedipe " Actualité Psychiatrique 1987 - 5 pp.83-92 et R Roussillon 1991 Paradoxes et situations limites de la psychanalyse PUF.

Bibliographie:

ANZIEU D.
(1974), Le Moi-peau Nouvelle Revue de Psychanalyse, n° 8, 195-209. Gallimard.
(1987), Les signifiants formels et le moi-peau, Les enveloppes psychiques, Paris, Dunod, p. 1-22.

BLEGER J.
(1967), Symbiose et ambiguïté, trad franç Paris, PUF1981.

BOWLBY J.
(1951), " Soins maternels et santé mentale ", Monographie, Genève, O.M.S.
(1969), Attachement et Perte, vol. 1, L'Attachement, trad. fr., Paris, PUF, 1978

DAVID. M.
(1997), Activité spontanée et fonctionnement mental préverbal du nourrisson, in Que sont les bébés devenus, Cahors, Érés

DENIS P.
(1992), Emprise et théorie des pulsions.
Revue Française de Psychanalyse, 1992, 1297-1423; PUF.

DORNES M.
(2002) Psychanalyse et psychologie du premier âge, trad Française C Vincent, PUF, 2002.

FREUD S.
(1895) Etudes sur l'hystérie, Paris, PUF, 1978
(1905a), Le mot d'esprit et sa relation à l'inconscient, Gallimard.

(1908-1909), Œuvres complètes, tome IX, PUF.
(1909-1910), Œuvres complètes, tome X, PUF.
(1914-1915), Œuvres complètes, tome XIII, Paris, PUF.
(1921-1923), Œuvres complètes, tome XVI, Paris, PUF.
(1921), Psychologie des masses et analyse du moi. in Essais de psychanalyse, Paris, Payot.
(1923-1925), Œuvres complètes, tome XVII, Paris PUF.
(1923), Le moi et le ça. In Essais de psychanalyse, Paris, Payot.
(1926-1930), Œuvres complètes, tome XVIII, Paris PUF.
(1937), Constructions dans l'analyse
in Résultats, idées, problèmes, PUF.
(1938), Le clivage du moi dans le processus de défense
in Résultats, idées, problèmes, PUF.
(1938) Abrégé de psychanalyse, Paris, PUF, 1978.

GREEN A.
(1973b), Le discours vivant, Paris, PUF.
(1974), L'analyste, la symbolisation et l'absence Nouvelle Revue de Psychanalyse, 10, 225-252, Gallimard.
(1988), " La pulsion et l'objet ", préface à Brusset, Psychanalyse du lien, Paris, Le Centurion, p. I-XX.
(1999), Sur la discrimination et l'indiscrimination affect-représentation, Revue Française de Psychanalyse, LXIII, N°1, 217-272, Paris, PUF.
(2000) La position phobique centrale, Revue Française de Psychanalyse 64, (3), 743-771.
(2002), La Pensée clinique, Paris, Odile Jacob

LACAN J.
(1966), Ecrits, Paris, Seuil

MAC DOUGALL J.
(1996) Éros aux mille et un visages, Paris, Gallimard.

MARCELLI D.
(1992), " Le rôle des microrythmes et des macrorythmes dans l'émergence de la pensée chez le nourrisson ", La Psychiatrie de l'enfant, vol. XXXV, fasc. 1, p. 57-82.

PARAT C
(1995) L'affect partagé, PUF.

ROUSSILLON R.
(1983) Le médium malléable, la représentation et l'empriseRevue Belge de psychanalyse.
(1991), Paradoxes et situations limites de la psychanalyse, PUF.
(1997), "La fonction symbolisante de l'objet", Rev Franç Psychanal, N°2, 399-415, Paris,
PUF.
(1999), Agonie, clivage et symbolisation. PUF.
(2003) La séparation et la chorégraphie de la présence in La séparation ÉRÉS

SPITZ R.A.
(1965), De la Naissance à la Parole, la Première Année de la vie, trad. fr., Paris

STERN D.N.
(1985), Le Monde interpersonnel du nourrisson, trad. fr., Paris, PUF, 1989.
(1993), " L'"enveloppe prénarrative". Vers une unité fondamentale d'expérience permettant d'explorer la réalité psychique du bébé ", trad. fr., Journal de la psychanalyse de l'enfant, n° 14, p. 13-65.
(1994), Le journal d'un bébé. Press-Pocket.

VINCENT. J-D.
(1986) Biologie des passions. O Jacob.
(2004)La compassion le cœur des autres . O Jacob

WINNICOTT D.W.
(1956b), " La tendance antisociale ", trad. fr., in De la pédiatrie à la psychanalyse, Paris, Payot, 1976, p. 175-184.
(1958), De la pédiatrie à la psychanalyse, trad. fr., Paris, Payot, 1976.
((1965), Processus de maturation chez l'enfant, Paris, Payot, 1983.
(1967), " Le rôle de miroir de la mère et de la famille dans le développement de l'enfant ", trad. fr., Nouvelle Revue de psychanalyse, n° 10, 1974, p. 79-86.
(1969), De la pédiatrie à la Psychanalyse, Payot.
(1970), Le processus de maturation chez l'enfant, Payot.
(1971) La consultation thérapeutique et l'enfant, trad franç , 1971, Gallimard.
(1971), Jeu et réalité, Gallimard.
(1989), La crainte de l'effondrement et autres situations cliniques, trad française 2000, Gallimard.

Texte présenté au Colloque Lyon 2 du CRPPC le 10.03.2006.

 

 
 


retour | accueil | présentation | activités | congrès & colloques | actualités | textes & livres | liens | contact

 

last modified: 2007-08-16