Textes & livres

 
 

LE CONFLIT ESTHETIQUE A L'ADOLESCENCE

Didier Houzel

En septembre 1995, on a découvert, à 6000 mètres d'altitude, dans les Andes péruviennes, le corps d'une jeune fille de l'époque précolombienne conservé dans les glaces. Les archéologues pensent qu'il s'agit d'une adolescente de 13 ans sacrifiée à une divinité Inca et choisie pour sa beauté. L'état remarquable de conservation du corps permet, dit-on, d'apprécier encore cette beauté. Ce n'est que l'exemple le plus récemment connu de sacrifice d'adolescents choisis pour leur beauté dans différentes civilisations. La beauté de l'adolescence fascine et inquiète. Les pratiques sacrificielles que nous révèle l'anthropologie ne seraient-elles pas le reflet culturel le plus violent d'un problème universel: l'angoisse paradoxale devant la beauté physique?

Donald Meltzer a proposé en 1984 un tout nouveau modèle métapsychologique susceptible de rendre compte de ce type d'angoisse, le modèle du "conflit esthétique". Il a par la suite développé ses idées sur ce point dans plusieurs textes et il en a donné une synthèse dans un livre, malheureusement non encore traduit en français: The Apprehension of Beauty .

Il suppose qu'à la naissance le bébé est en attente de sortir du claustrum utérin, c'est-à-dire qu'il y a ce que l'on peut appeler une "pulsion à naître". La naissance serait donc vécue sur le mode de la libération d'un espace devenu trop étroit et contraignant et privant le foetus de l'exercice de ses organes sensoriels qui deviennent fonctionnels dans le dernier trimestre de la grossesse. Mais, la sortie du claustrum utérin donnerait lieu à une expérience intense dans laquelle l'enfant se sentirait submergé par l'afflux des stimulations qu'il reçoit du monde qu'il découvre et, tout particulièrement, de l'objet libidinal qui s'offre à lui, l'objet maternel. C'est cette expérience que Meltzer décrit comme une expérience esthétique. L'objet qui en est la source est appelé objet esthétique.

D'où vient le conflit? De l'opposition entre l'abondance, voire l'excès de messages sensoriels venant de la superficie de l'objet d'un côté, et l'inconnu quant à ses qualités intérieures d'un autre côté. Il s'agit plus, en fait, d'un gradient que d'un conflit. Ce gradient est source à la fois d'angoisse et de dépression. D'angoisse, car rien n'indique que les qualités internes de l'objet, ses qualités psychiques soient en adéquation avec ses qualités de surface, ses qualités sensorielles. Ne peut-il y avoir du mauvais caché dans du beau, image classique de l'objet maléfique déguisé en beau séducteur. De dépression, car le franchissement du gradient en question peut paraître infranchissable tant il exige d'énergie et de travail psychiques.

A partir de ces prémisses, Meltzer renverse l'ordre des positions kleiniennes. La position dépressive n'apparaît plus comme secondaire à la position schizo-paranoïde, mais comme primaire. C'est pour échapper à l'angoisse devant l'objet esthétique et à la dépression primaire qu'il suscite, que le psychisme naissant de l'enfant attaquerait l'objet pour en réduire, voire en détruire les qualités esthétiques. Meltzer parle de dégradation de l'objet. Il en résulte des clivages et des projections qui sont le propre de la position schizo-paranoïde.

Cette théorie, outre sa nouveauté, a le mérite de mieux nous faire comprendre quelle est l'origine de la soif de savoir, de la curiosité, de l'épistémophilie, qui animent la croissance psychique de l'enfant. Jusque là, en effet, les psychanalystes se référaient à des arguments extérieurs à la métapsychologie pour en rendre compte. Pour Freud, la source de la curiosité était la découverte perceptive de la différence des sexes et de toutes ses conséquences. Pour Mélanie Klein, c'était la maturation cognitive qui faisait que l'enfant se rendait compte que son bon objet et son mauvais objet étaient en fait une seule et même personne, prise de conscience inaugurale de la position dépressive qui pousse l'enfant à explorer et à réparer l'intérieur de l'objet. Meltzer nous donne la possibilité de faire dériver l'épistémophilie directement du conflit esthétique, dans une référence purement métapsychologique. C'est ce gradient entre la connaissance des qualités de surface de l'objet et la méconnaissance ou l'incertitude quant à ses qualités internes qui met en action la pulsion épistémophilique. Elle n'a pas d'autre but que de permettre de parcourir ce gradient sans dommage, à l'abri de surprises trop catastrophiques. Il s'agit, non de mettre à plat l'objet esthétique en supprimant ce gradient d'incertitude, mais de donner suffisamment accès au monde intérieur de l'objet pour qu'il n'apparaisse plus comme un abîme recélant des forces potentiellement destructrices.

Il me semble indispensable de donner de la théorie du conflit esthétique une interprétation dynamique. L'objet esthétique n'est pas seulement ressenti comme beau, parce que possédant jusqu'à l'excès toutes les qualités susceptibles de combler l'appareil perceptif de l'enfant, il est aussi attirant, séducteur, il l'entraîne irrésistiblement dans un vertige excitant, mais potentiellement destructeur. J'ai décrit sous le nom d'angoisse de précipitation les angoisses associées à cette expérience très primitive de rencontre avec l'objet. Elles correspondent à ce que Winnicott avait appelé des agonies primitives ou encore des angoisses inimaginables: "1° Se morceler – 2° Ne pas cesser de tomber – 3° Ne pas avoir de relation avec son corps – 4° Ne pas avoir d'orientation" . J'ai choisi le terme précipitation pour désigner ces angoisses car elles paraissent liées à l'expérience d'être attiré dans un précipice, celui justement créé par le gradient d'attraction de l'objet esthétique sur le self naissant. C'est pour lutter contre de telles angoisses que se mettent en place les mécanismes que l'on observe dans l'autisme et les psychoses infantiles. Mais comment y échapper sans recourir à de tels mécanismes particulièrement invalidants? Je suppose que le gradient infranchissable peut être réduit et devenir alors praticable sans dommage s'il y a une communication entre le self et l'objet, communication qui s'établit par un mouvement réciproque de l'un vers l'autre dans ce que Meltzer a appelé une "relation d'intimité". Tout se passe alors comme si l'objet allait à la rencontre du self, dans le but de satisfaire ses besoins pulsionnels, mais aussi dans un mouvement de désir qui les font se rencontrer en un point d'inflexion, que l'on peut situer dans un espace intermédiaire au sens de Winnicott. Frances Tustin a désigné cette expérience de communication réussie par l'expression "unicité par débordement" qui souligne le fait que de part et d'autre il y a débordement dans un mouvement de désir qui rejoint celui de l'autre dans une union intime. Ces rencontres forment autant de paliers de stabilité dans le précipice originaire, qui permettent de le façonner de façon à le rendre praticable sans dommage. Je fait l'hypothèse que ce sont les points ou zones d'inflexion où se rejoignent les désirs réciproques du self et de l'objet qui laissent une trace dans la psyché et qui sont à l'origine des processus d'intériorisation de la relation à l'objet.

Dans un article paru en 1989 , Donald Meltzer a appliqué sa théorie du conflit esthétique aux problèmes de l'adolescence. Il fait l'hypothèse que la maturation sexuelle et la confrontation de chacun à son hétérosexualité suscite une réédition du conflit esthétique des débuts de l'existence. Cette foi, c'est la beauté de l'objet sexuel qui provoque l'angoisse en soulevant la même question que Meltzer avait prêté au bébé: "Est-ce que c'est aussi beau à l'intérieur?", c'est-à-dire, est-ce qu'il y a une adéquation entre les qualités esthétiques de surface de l'objet et ses qualités psychiques internes? Il montre, à l'aide d'un riche matériel analytique, comment cette réédition du conflit esthétique peut engendrer la violence dont on crédite souvent les adolescents, surtout ceux qui sont du sexe masculin et particulièrement à l'époque actuelle.

L'hypothèse qu'il fait est celle d'une intolérance de l'adolescent violent à l'espace d'intimité de l'objet, celui où justement peut se faire cette rencontre structurante que j'ai appelée plus haut "communication". Une telle rencontre est pleine d'incertitude, elle échappe à la maîtrise, elle se fait de manière inattendue et suppose donc une certaine acceptation de la dépendance à l'objet toujours remplie d'aléas. Une bonne identification à des parents intériorisés, unis dans une scène primitive réparatrice et féconde, permet à l'adolescent d'assumer les risques de la rencontre amoureuse. A défaut, il sera confronté à un conflit esthétique inélaborable et source de violence. Meltzer rend compte de cette propension à la violence chez l'adolescent par ce qu'il appelle la dégradation de l'objet. Il s'agit, dit-il, de détruire les qualités esthétiques de l'objet, de le dégrader, pour atténuer ou supprimer le conflit esthétique et l'angoisse qu'il suscite. Cette dégradation de l'objet peut entrainer des violences physiques, mais elle est surtout impliquée dans la pratique d'une sexualité très infiltrée de pulsions partielles prégénitales.

Je suggère là encore un interprétation dynamique quelque peu différente de celle proposée par Meltzer. Les conduites de dégradation de l'objet décrites par Meltzer, peuvent se comprendre comme des projection dans l'objet des parties du self détruites sous l'effet du gradient d'énergie infranchissable créé par l'avènement de la maturité sexuelle. C'est le spectacle terrifiant que nous donne à voir les beaux jeunes gens d'Orange mécanique . Le génie créateur peut transformer l'angoisse en oeuvre d'art. C'est ce que fit Picasso dans Les demoiselles d'Avignon, tableau peint à l'âge de 19 ans et représentant des prostitués aux visages et aux corps brisés et déformés. Le choc de la sexualité devient chez le peintre source de créativité.

On a souvent décrit le processus de l'adolescence comme un deuxième processus d'individuation. Je souscris pleinement à cette hypothèse. Le premier processus d'individuation confronte à l'altérité. L'objet doit être reconnu comme séparable du self, il est autre, il possède sa propre volonté, ses désirs, ses représentations, ses pensées. Nous pouvons partager les états intérieurs de nos proches, nous ne pouvons pas les commander. Ils échappent à notre maîtrise. Ils peuvent nous surprendre, nous désappointer, nous décevoir. Il y a inévitablement un écart entre ce que nous désirons que soient nos interlocuteurs et ce qu'ils sont. Je postule que l'écart dont il s'agit est ressenti à l'origine comme infranchissable et source d'une attraction destructrice. Les fantasmes qui correspondent aux angoisses de précipitation les plus archaïques sont essentiellement de nature spatiale, comme le sont les agonies primitives de Winnicott. A l'adolescence l'écart dynamique qui est source à la fois de développement et d'angoisse est l'écart entre les sexes et l'attirance qu'il suscite. Certes, la différence anatomique des sexes est connue bien avant et elle a des conséquences majeures sur l'évolution à la période oedipienne. Mais, ce n'est qu'à l'adolescence que le problème est posé dans toute son ampleur du fait de la maturation sexuelle et de la responsabilité qu'elle entraîne. Lors de cette nouvelle édition du conflit esthétique, les fantasmes se teintent davantage d'une dimension temporelle. Tout va trop vite. Le corps se transforme a vive allure pendant la période pubertaire. Les désirs, les fantasmes, les intérêts et le fonctionnement mental lui-même se transforment de manière accélérée. L'autre sexe devient la source d'une forte attirance en même temps que d'une grande angoisse: ne va-t-il pas entraîner dans une course folle, dans une ronde infernale? La fureur de vivre des adolescents est bien souvent la mise en scène de cette accélération potentiellement destructrice. Tout se passe comme si le gradient à franchir était représenté cette fois plus sur un mode temporel que spatial. Je propose de désigner les angoisses correspondantes par l'expression angoisses d'emballement. Je voudrais en donner une illustration tirée du matériel de psychothérapie d'une préadolescente, engagée dans un processus pubertaire sur un mode hystéro-phobique.

Illustration clinique

Le cas que j'ai choisi pour illustrer mon propos n'est pas un cas d'adolescent, mais une psychothérapie d'enfant qui s'est terminée à la période pubertaire, au seuil de l'adolescence. L'intérêt de ce matériel est précisément d'indiquer l'entrée dans la phase d'adolescence marquée par ce que j'ai appelé plus haut une angoisse d'emballement.


Josiane m'avait été adressée un peu avant son 7ème anniversaire pour une encoprésie et une énurésie diurne et nocturne. Elle était la 5ème d'une fratrie de 5 enfants, petite dernière née à une époque de graves difficultés conjugales pour les parents. Au moment de la première consultation ces difficultés s'étaient résolues. Outre ses troubles sphinctériens, Josiane avait, par moment, des crises de nerfs spectaculaires d'allure hystérique, mais dans lesquelles l'angoisse se laissait percevoir.

J'ai entrepris avec elle une psychothérapie à raison d'une séance par semaine. A la fin de cette psychothérapie Josiane avait 11 ans. Lors d'une des dernières séances elle m'a rapporté le rêve suivant:

Elle se trouvait dans la salle de musculation de son collège, endroit où elle se change pour faire du sport de préférence aux vestiaires où il y a eu des vols. elles bavardait avec des amies. Tout d'un coup, il y a eu un coup de tonnerre. Elle et ses amies ont eu très peur. Josiane a remarqué alors que les montres tournaient à tout allure. Elle a eu l'impression qu'on arrivait en l'an 2000. Elle se sont sauvées. Josiane a pensé qu'il s'était agi d'extra-terrestres, elle y pensait beaucoup à cette époque. En se sauvant les filles ont rencontré des hockeyeurs, des garçons précise Josiane, qui leur ont demandé ce qui leur arrivait. Ils avaient bien entendu le tonnerre mais ils ne s'étaient pas affolés.

Dans ses associations Josiane a souligné son intérêt du moment pour les extraterrestres. Puis, elle s'est rappelée que le tonnerre lui faisait peur quand elle était petite, mais bien longtemps auparavant.

Je lui ai demandé quel âge elle aurait en l'an 2000.

Elle m'a dit : "15 ans".

Je lui ai fait remarquer que les montres allaient à toute allure et que cela pourrait faire penser qu'elle craignait que les choses n'aillent trop vite. Peut-être, ai-je ajouté, qu'elle se sentait grandir trop vite, ou qu'elle avait peur que ce que nous faisions ensemble ne la fasse changer trop rapidement.

Elle a dit qu'effectivement les semaines défilaient trop vite. Elle avait l'impression de ne pas voir le temps passé. Elle a ajouté que dans sa classe le programme était très rapide. Elle m'a parlé d'une camarade qui, au début de l'année, était moins bonne qu'elle en sport, mais qui l'avait dépassée.

Enfin, elle m'a parlé d'une compétition de haut niveau en natation où elle aurait pour rôle d'apporter les médailles qui sont remises aux gagnants ou de transporter les paniers dans lesquels les nageurs mettent leurs habits afin qu'ils puissent se rhabiller aussitôt sortis de l'eau. Elle semblait beaucoup investir cette fonction et la proximité que cela lui permettrait d'avoir avec des champions de natation.


Le coup de tonnerre du rêve de Josiane n'est-il pas une représentation d'une entrée bruyante dans la puberté avec son corollaire naturel: la séduction hétérosexuelle. C'est pendant qu'elle se déshabille dans la salle de musculation, très marquée de présence virile, que le coup de tonnerre se fait entendre. Tout s'accélère follement comme lors du thé chez le Lapin Fou d'Alice au Pays des merveilles. Il est intéressant de noter que la rencontre avec les hockeyeurs, qui eux n'ont pas eu peur du coup de tonnerre, semble ramener le calme dans l'esprit des filles. La différence que j'ai faite plus haut entre relation et communication est illustrée par la présence impalpable et angoissante de la virilité séductrice dans la salle de musculation, qui correspond à ce que j'ai appelé "relation" et l'échange avec les garçons qui jouent au hoquet, qui correspond à ce que j'ai appelé "communication".

Les associations livrées par Josiane me semble confirmer ces hypothèses. L'interprétation que je lui ai faite sur ses angoisses d'emballement a joué un rôle décisif dans le processus de fin de psychothérapie.

Conclusion

La beauté physique est à n'en pas douter une des caractéristiques de l'adolescence. Il n'est pas besoin d'insister sur le rôle qu'elle joue dans le processus de mise en place de la sexualité adulte et dans l'aventure du choix du partenaire sexuel . Il est vraisemblable qu'il y a, dans le sentiment de beauté, la trace phylogénétique de l'influence des formes physiques sur les processus de reproduction sexuée dans les espèces animales où le problème du choix du partenaire se pose. Comme souvent l'héritage phylogénétique prend une nouvelle signification dans l'espèce humaine, sans forcément perdre toutes ses fonctions antérieures. A la lumière de la théorie du conflit esthétique de Donald Meltzer, la beauté des adolescents et des adolescentes peut avoir pour sens de stimuler la quête de connaissance intime physique et psychique du partenaire choisi, quête qui répond à la même question que celle prêtée par Meltzer au bébé: "est-ce que c'est aussi beau à l'intérieur?" N'est-ce pas cette interrogation qui sous-tend ce que nous appelons l'amour.

Mais la question peut être insoluble. La beauté devient alors inquiétante, source d'une angoisse qui pousse à l'avilir, la dégrader. Détruire l'objet esthétique pourrait se comprendre comme une issue désespérée à l'impasse où conduit le gradient créé par l'établissement de toute relation d'objet si une communication satisfaisante (laquelle suppose toujours une triangulation) ne s'établit pas. C'est l'intuition, me semble-t-il qu'a eu dès 1912 Sabina Spielrein dans son bel article "La destruction comme cause du devenir" . On sait que ce texte a inspiré Freud lorsqu'il a rédigé "Au-delà du principe de plaisir" . Il y décrit une nouvelle théorie pulsionnelle qui oppose instinct de vie et instinct de mort, là où sa première théorie opposait instincts d'auto-conservation (ou instincts du moi) et instincts sexuels. En fait, cette deuxième théorie pulsionnelle ne fait pas s'affronter deux forces de direction opposée, elle décrit plutôt un gradient qui va du plus organisé (instinct de vie) au moins organisé (instinct de mort).

L'instinct de mort serait ce qui menace la beauté et le sens qu'elle recèle, s'il reste à jamais indéchiffrable. La petite indienne sacrifiée, que les archéologues ont baptisée Juanita, fut la victime lointaine de cette énigme: "Lors de ces Capacochas (fêtes religieuses des indiens Incas), écrit l'un d'eux, Federico Kauffman Doig, les sacrifiées étaient de jeunes vierges choisies pour leur pureté et leur beauté par la communauté. Elles étaient soigneusement préparées au sacrifice suprême, qui était un grand honneur. Les cérémonies précédant l'holocauste duraient plusieurs jours. L'élue était conduite en procession sur une litière jusqu'à Cusco, la capitale de l'empire du Tavinto pour que l'Inca lui donne sa bénédiction. De retour à son lieu d'origine, la grande fête en honneur des Apus était couronnée par l'immolation. La victime était probablement enivrée jusqu'à perdre connaissance avant d'être asphyxiée puis ensevelie" .


Résumé

La théorie du conflit esthétique proposée par Donald Meltzer depuis 1984 renouvelle la compréhension de certains aspects du développement psychique dans la petite enfance, mais aussi à l'adolescence. La source métapsychologique de l'épistémophilie devient plus claire. La violence destructrice s'exerçant contre la beauté elle-même ou contre l'objet esthétique séducteur peut mieux se comprendre. L'auteur propose une interprétation dynamique de cette théorie qui le conduit a décrire ce qu'il appelle des angoisses de précipitation et des angoisses d'emballement. Il donne une illustration d'angoisse d'emballement tirée de la psychothérapie d'une préadolescente.

Summary

The theory of aesthetic conflict proposed by Donald Meltzer since 1984 renews our understanding of some aspects of the psychic development during early chilhood but also during adolescence. The metapsychological source of epistemophily becomes clearer. The destructive violence against the beauty itself or the seductive aesthetic object is more understandable. The author proposes a dynamic interpretation of this theory that leads him to describe what he calls precipitation anxieties and bolding anxieties. He gives an illustration of that last type of anxiety from the psychotherapy of a young adolescent

Mots-clé
Adolescence
Angoisses archaïques
Beauté
Conflit esthétique
Objet esthétique
Violence

Key-words
Adolescence
Aesthetic conflict
Aesthetic object
Archaic anxieties
Beauty
Violence

 

 
 


retour | accueil | présentation | activités | congrès & colloques | actualités | textes & livres | liens | contact

 

last modified: 2007-02-23